Noël en Bretagne

Noël en Bretagne« Personne parmi nos ancêtres n’aurait voulu manquer la messe de Minuit que l’on appelait en Basse Bretagne : l’Ofernn ar pelgent (la messe d’avant l’aube).
Qu’il pleuve ou qu’il vente, ils sortent des maisons et s’enfoncent dans la nuit .Ils ont pris lanternes, bâtons et s’éloignent en chantant des noëls.
Avant de partir ils ont pris une collation de crêpes chaudes, et, comme les trépassés sont toujours présents à leur mémoire, ils ont récité une prière pour leur paix.
Toujours avant de partir, ils ont allumé la bûche de Noël, une bûche spéciale, enrubannée, conservée souvent des mois à l’avance. Ils l’ont aspergé d’eau bénite. Selon les endroits, elle doit brûler trois ou neuf jours. Les tissons seront précieusement conservés toute l’année parce qu’ils préservent de la foudre, du venin des serpents, purifient aussi l’eau de pluie.
Et ils marchent, et ils chantent…
Arrivés à l’église qui resplendit de la lueur des cierges, ils vont à la crêche, y déposent leurs offrandes : un peu d’argent, un gâteau, du beurre, voire une corbeille, un panier d’osier. Offrande modeste, mais toute pleine de bon coeur.
Et c’est ensuite avec le même coeur qu’ils continuent de chanter, pendant la messe, de vieux noëls, des cantiques bien de chez eux comme Ni hoc’h ador, Mabig Jésuz (Nous vous adorons, petit Enfant Jésus) ou Péh trouz’ zou ar en doar ? (Quel est ce bruit sur la terre ?)
Au retour, on s’attable pour un réveillon assez sobre en général : soupe au lard, boudin grillé, fouaces en forme d’étoile.
Elles aussi, les bêtes, ont leur réveillon : une bonne ration de foin supplémentaire. Puis l’on va se coucher.
Cette nuit-là n’est pas comme les autres. On l’appelle ann Noz Santel : la Nuit Sainte. »

Extrait de l’Almanach des traditions bretonnes, Guy Ganachaud   éditions Ouest France

Source de l’article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.