Marxenchon et Cahuzandréou : la Guerre des gauches

Suite à l’échange verbal télévisé entre J.L Mélenchon et le ministre Jérôme Cahuzac, l’opposition entre la gauche marxiste et la gauche social-démocratique semble donc devoir faire de nombreux remous dans les chaumières françaises, le duo étant déjà surnommé « Marxenchon et Cahuzandréou ».  L’expert contre le tribun, l’harangueur populiste face au ministre technocratique : bataille musclée où les noms d’oiseaux renvoyèrent littéralement aux vestiaires tout bon sens politique, le téléspectateur n’étant plus que le témoin amusé des répliques cinglantes des deux protagonistes.

Tout le landerneau médiatique en a depuis fait son chou gras, se contentant de décortiquer les saillies infantiles d’un Mélenchon studieux, celui-ci recrachant admirablement les préceptes énoncés par Schopenhauer dans son Art de la Rhétorique. Mais, fâcheuse habitude de nos médias français, aucun journaliste n’a poussé l’analyse sur l’étrange ressemblance entre cette opposition « socialiste » avec celle qui opposa Marceau Pivert de Léon Blum, dès les premiers jours de la présidence de ce dernier en 1936.

En effet, Marceau Pivert, fondateur de la « Gauche Révolutionnaire » en 1935, exhorta dès l’annonce de l’élection de Léon Blum à « rompre avec le capitalisme » en se fendant d’un article au titre explicite « Tout est possible » ! Et force est de constater l’actualité de certains points de cet article, comme par exemple, l’émigration des riches : « Ne peut-on pas donner quelques avertissements à messieurs les nouveaux émigrés; par exemple, à ces capitalistes lyonnais qui achètent des immeubles à Genève […] Toutes les opérations à caractère spéculatif de ces trois derniers mois devront donc donner lieu à enquête, et il ne faudra pas hésiter à sanctionner les déserteurs du franc en confisquant leurs biens.».

Cette gauche anticapitaliste ne pouvait se satisfaire des quelques réformes timides engagées par le Gouvernement Blum : « Les masses […] appellent les solutions les plus substantielles, elles attendent beaucoup; elles ne se contenteront pas d’une modeste tisane de guimauve portée à pas feutrés au chevet de la mère malade… ». On pourrait aisément y confondre certaines envolées lyriques de Mélenchon…

Aujourd’hui, quelques mois à peine après l’élection présidentielle, le « Nouveau » Front Populaire n’est plus : les communistes et « la gauche de la gauche » se retrouvent dans le camp de l’opposition, comme le montre les récents revers parlementaires du gouvernement socialiste, comme le récent rejet par les parlementaires Front de Gauche de l’amendement sur le crédit d’impôt pour les entreprises.

A l’époque, Blum l’avait emporté sur Pivert par forfait, ce dernier ayant jeté l’éponge en 1937 en posant ces quelques mots sur une lettre adressé à Léon Blum : «  Je n’accepte pas de capituler devant le capitalisme et les banques ». A son tour, la crise économique avait eu raison de Blum : malgré la dévaluation de 1937 et les réformes engagées, aucune reprise n’arriva. Le premier gouvernement Blum présentait sa démission le 21 Juin 1937, à peine un an après son arrivée au pouvoir.

Malheureusement, le scénario ne se rejouera assurément pas : la V°république n’est en rien comparable à son aînée. Mus par un arrivisme quasi-patenté, Hollande et consorts s’accrocheront jusqu’au bout au pouvoir, qu’importent l’opposition et le mécontentement populaire que leur incompétence suscitera. Pour le plus grand malheur de la France…

Source de l’article : Le site de Prospectives Royalistes de l’Ouest

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