Avenir de la langue bretonne dans le Finistère : le coup de poignard du socialiste Pierre Maille, président du conseil général

MailleLe président du Conseil général du Finistère, le socialiste Pierre Maille, vient de donner un coup de poignard supplémentaire à la langue bretonne et à son avenir comme langue d’usage et de communication. Répondant à des questions du journal Ouest-France (5.6 janvier 2013), l’ancien maire de Brest, originaire de Fréjus, vient de résumer à sa manière, avec le cynisme qu’on lui connaît,  la façon de penser des socialistes finistériens. Au moment où la question d’une véritable télévision bretonne est en débat et la position de la Région  particulièrement ambigüe,  cette déclaration sonne comme une déclaration de guerre contre ceux qui espèrent encore une reconquête linguistique en Bretagne. Une fois de plus Pierre Maille fait preuve d’un profond mépris envers ceux qui depuis des dizaines d’années se battent pour promouvoir le breton.
« Quel est l’objectif (du Finistère) pour la langue bretonne ? », lui demande le journaliste.
«  Si l’objectif est de dire : on a une langue dont les locuteurs sont en voie de disparition et  que nous voulons la maintenir car c’est un patrimoine collectif, au moins faire de l’initiation et de l’enseignement, maintenir une présence dans l’espace public. Ou bien l’objectif est d’en faire une langue d’usage comme le catalan ou le gallois. Moi, clairement, je dis que nous ne sommes pas dans l’objectif de la langue d’usage. Je pense que cela demanderait des moyens énormes en communication, média, etc… C’est une langue qui a déjà disparu en tant que langue d’usage, à part pour un nombre réduit de locuteurs », affirme le président socialiste du Finistère. Cette déclaration politique  a le mérite de la clarté. Elle est aux antipodes de ce qu’il faut pour le breton et s’apparente à simple accompagnement thérapeutique de fin de vie.  Elle ne manquera pas de faire réfléchir celles et ceux qui souhaitent au contraire que la langue bretonne puisse trouver toute sa place dans la société et qu’elle bénéficie du soutien et de la place d’une langue de communication au même titre que le français. Avec Pierre Maille et les socialistes qui le suivent sur cette ligne (et ils sont nombreux) c’est niet et deux fois niet.

Permis d’inhumer

Nous savons tous que les média et notamment la télévision jouent un rôle primordial dans la reconquête linguistique. Que ce soit au Pays de Galles, en Catalogne ou au Pays Basque… la télévision a été à la pointe du combat pour redonner vie à ces langues plus ou moins menacées.  Pierre Maille, sans hésiter, dit non à cette possibilité salvatrice. Il  signe donc, et des deux mains, le permis d’inhumer ad vitam aeternam de la langue bretonne en refusant l’idée même d’un outil de communication à la hauteur d’une situation alarmante et critique. Certes, les socialistes supporteront ici où là la présence symbolique de la langue bretonne dans l’espace public, une initiation dans l’enseignement à la limite… mais que cette dernière devienne véritablement une langue de communication et d’usage socialement ancrée lui est insupportable. On se demande pourquoi, dans ce même département du Finistère souvent montré en exemple,  il y a maintenant plus de 30 ans, des femmes et des hommes ont donné de leur temps, de leur argent, de leur énergie… pour créer des écoles Diwan ? Pourquoi on a créé l’Office public de la langue bretonne ?
C’est  là une prise de position politique majeure qui demande une réponse vigoureuse, tout aussi politique, tant l’état d’esprit qu’elle dénote va à l’encontre du fondement même de l’engagement de ceux qui  refusent de voir la langue bretonne disparaître et militent pour sa survie. Il sera intéressant de lire dans les jours qui viennent les réactions des organisations politiques et culturelles bretonnes dont le moins qu’on puisse écrire, à cette heure, c’est qu’elles font preuve d’un silence assourdissant. Et notre regard ne se porte pas uniquement sur  les membres de l’UDB considérés par certains comme les « supplétifs indigènes » du PS.
« Je vois passer chez moi plus de « chevaux couchés» que de « juments cabrées »… », écrivait en 1981 Anjela Duval. Par excès d’orgueil, Pierre Maille parviendra-t-il à faire sortir l’Emsav de la léthargie dans laquelle le maintien un système clientéliste bien huilé qui a pour unique but de le maintenir sous perfusion en attendant… la mort ? La question est posée.

Source de l’article : 7Seizh

Une réflexion sur “Avenir de la langue bretonne dans le Finistère : le coup de poignard du socialiste Pierre Maille, président du conseil général

  • 13 janvier 2013 à 20 h 07 min
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    le socialiste FM (revendiqué) Pierre Maille dans toute sa duplicité habituelle….
    Dommage qu’il n’ai pas tenu plus tot ses propos insultants et méprisants pour les bretons bretonnants car ce sudiste ,arrivé dans le Finistère suite à une « mutation subie »dans l’Education Nationale, n’aurait ,à coup sur, jamais été elu dans le département le plus bretonnant de France (historiquement et culturellement)……..
    Mais il est vrai que c’est aussi le genre de Président de Conseil General qui peut aller manifester le matin contre la fermeture du volailler Doux de Chateaulin et faire voter dans l’après-midi du meme jour le refus de l’extension d’un poulailler et ce, avec l’aide de ses amis écolos pénalisant ainsi la filière volaillère dans son ensemble….
    En esperant vivement qu’il effectue actuellement son dernier mandat à la tete de l’executif départemental ainsi qu’il l’a promis aux finistériens lors de sa dernière élection……

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