Roger Le Doaré dans les pas de Charles Le Goffic – Perros-Guirec

L'îlot de Costaérès aujourd'hui et il y a cent ans. Portrait d'Anatole Le Braz.En s’appuyant sur des archives familiales, Roger Le Doaré publie une biographie de Charles Le Goffic qui apparaît comme l’un des premiers défenseurs de la nature dans le Trégor.

Le Trégastellois Roger Le Doaré a voulu marquer, à sa manière, le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Charles Le Goffic, en publiant une biographie de l’écrivain Charles Le Goffic (né en 1863 à Lannion, où il est mort en 1932).

« J‘ai voulu retrouver le poète breton, celui qui est parti à la découverte de la Bretagne, après avoir enseigné dans d’autres provinces françaises. Retrouver l’esprit de ces années-là, montrer Charles dans sa vie familiale et montrer les différentes facettes de l’homme, par exemple en défenseur du littoral, voulant protéger les sites incomparables du Trégor », explique Roger Le Doaré.

Pour mener ses recherches, il a utilisé « en priorité les archives familiales, en particulier celles de ma belle-mère, Mme Le Mallet-Le Goffic, dernière petite fille de Charles encore en vie. J’ai aussi eu recours à de nombreuses monographies et biographies, françaises et étrangères. Françaises, celles de Camille Le Mercier d’Erm et de Gabriel Audiat, de Jean-André Le Gall, les critiques et commentaires des auteurs contemporains, précise-t-il, notamment ceux d’Anatole France et de Charles Maurras. Mais aussi les chroniqueurs locaux, plus récemment Emmanuel Mazé et Jean Le Guen. Étrangères, Lydia Frazer, une Irlandaise, James Faulkner de l’Université du Québec et Richard Berrong, de l’Université de Kent ».

« Costaérès : insanité prétentieuse »

On y découvre, notamment, que Charles Le Goffic goûte peu l’édification du château sur l’îlot de Costaérès, « cette insanité prétentieuse sur le plus bel îlot de l’archipel en miniature de Ploumanach ». Dans une lettre de 1898, il note que « l’accès de cette côte si pittoresque est désormais défendu ; le touriste ne peut plus longer les flots comme jadis ; tout est pris, tout est accaparé. »

Les années 1890 « célèbrent l’avènement du tourisme », écrit Roger Le Doaré dans son ouvrage. « Cette révolution est liée à l’épanouissement du chemin de fer. L’élite trégorroise va convier toute une intelligentsia de poètes, d’écrivains, d’architectes et de peintres. Charles va jouer ce rôle de guide et d’initiateur, commencé en 1884 par Renan, sur Perros-Guirec. »

Les syndicats protègent le littoral

« À la suite du château de Costaérès construit par Bruno Abakanovicz, ingénieur d’origine polonaise, l’appropriation privée a avivé les craintes de Charles et de ses amis. Ils l’ont combattue pour éviter qu’elle ne s’étende à tous les beaux sites de la côte. En 1901, naîtra le Syndicat artistique des sites pittoresques de Ploumanach, ajoute le Trégastellois.

Il sera suivi en 1909, du Syndicat des plages de Perros-Guirec, Trégastel, Trébeurden et… des eaux minérales de Lannion. Ce qui n’empêchera pas Charles Le Goffic de profiter de son renom naissant pour fréquenter tout ce beau monde. Il utilisera Costaérès pour le décor de son film Morgane, en 1927. »

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