« On ne vit que deux fois » : la figure du héros dans Le roman de Charette (1/2) par Amaury Guitard

Il est parfois des livres qui retiennent l’attention ; Le roman de Charette est de ceux-ci. L’ouvrage de Philippe de Villiers, paru en octobre dernier chez Albin Michel, est déja un grand succès de librairie. Ce récit, original et singulier, prend la forme des mémoires imaginaires d’un des plus célèbres généraux vendéens : François-Athanase Charette de la Contrie.
Ce livre est avant tout une véritable prouesse littéraire et un formidable exercice de style puisque l’auteur a voulu se glisser subtilement dans la peau et dans la psychologie de son personnage en rédigeant le texte entièrement à la première personne… Le résultat est remarquable. Comme Philippe de Villiers se plait à le dire : le roman, ce n’est pas le livre, mais la vie de Charette.


Et en effet, au fil des pages, le créateur du Puy du Fou nous dévoile toutes les étapes de la vie de ce héros magnifique, de la guerre d’Amérique à la guerre de Vendée, en passant par les combats navals, les escales aux Antilles, les combats des grecs contre les ottomans, l’émigration à Coblence et j’en passe… Le langage a de la saveur, les mots sont brillament choisis et plongent le lecteur dans un univers particulier : celui d’un homme qui, toute sa vie durant, n’a eu de cesse de combattre pour LA liberté.
“Avec une plume de feu”, Philippe de Villiers met en lumière le panache et l’élégance de celui qui, fait rarissime, devint à vingt-quatre ans seulement promu au mérite comme lieutenant de vaisseau.
Au travers du prisme autobiographique, il convient de distinguer deux étapes majeures (et complémentaires) dans la vie de Charette : la première, en tant que marin breton qui part sur toutes les mers du monde pour faire triompher la liberté ; la seconde, en tant que général vendéen, mûri des expériences passées, et qui lutte face à la tyrannie révolutionnaire pour le salut d’un peuple de géants…
Examinons dès à présent cette double vie, bretonne/vendéenne, marine/terrestre, de celui dont Napoléon disait qu’il laissait percer du génie…
 

Charette marin : du hérisson au lieutenant de vaisseau…

« On ne vit que deux fois » : la figure du héros dans Le roman de Charette (1/2) par Amaury Guitard
Dans la première partie du Roman de Charette, Philippe de Villiers nous présente par le menu les trente premières années de François-Athanase Charette, une période qui, à vrai dire, est assez méconnue puisque l’historiographie traditionnelle fait bien souvent démarrer l’épopée de Charette à partir du soulèvement vendéen en mars 1793.
Mais avant cela, Charette a vécu bien des choses, a effectué bien des périples, qu’il faut prendre en considération pour comprendre pleinement le sens de sa seconde vie, “vendéenne” dirons-nous. Et c’est là tout le mérite de Philippe de Villiers qui, grâce à un travail approfondi de recherches dans les archives, est parvenu à reconstruire, petit bout par petit bout, les premières années d’existence de ce personnage hors-normes.C’est l’histoire d’un enfant breton, originaire de Couffé (Loire-Atlantique) que l’on appelle “Le hérisson”. Il s’agit d’un enfant très réservé, timide.
Après un passage à Angers chez les oratoriens, Charette est envoyé à l’école des gardes-marines de Brest. Au début, le sort semble s’acharner contre lui : Charette souffre du mal de mer. Le médecin du bord ira même jusqu’à écrire à son propos : “François-Athanase Charette de la Contrie : d’une complexion délicate ; inapte à la mer, inapte à la guerre”.

 

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