[Le Génie Français] Philosophie : Simone Weil

Dans le domaine philosphique, de nombreux français ont su marqué leur époque, témoignant de la richesse intellectuelle de notre société : Alain, Bergson, Bourdieu, Camus, Comte en passant par Thibon et Ricoeur, bien des noms ont porté la philosophie, cette « Reine des Sciences », à la plus belle place. Simone Weil, malgré sa courte vie et son parcours atypique, peut aisément inscrire son nom aux côtés de ceux cités ci-dessus : figure de l’existentialisme chrétien, elle connu la postérité par l’exigence absolue qui suinte littéralement de ses ouvrages, notamment dans le domaine de la liberté.

Eleve d’Alain au Lycée Henri IV, celui-ci remarqua très tôt le talent philosophique de la jeune Simone Weil, qui la juge non pas « supérieure à ceux de sa génération, mais très supérieure« . D’abord attirée par le marxisme, elle commence à se laisser toucher par la question chrétienne dans les années 1935-1938, et débutera rapidement un suivi spirituel par le Père Joseph-Marie Perrin (celui-ci permettra plus tard la rencontre de Simone Weil avec Gustave Thibon). Distribuant pendant la seconde guerre mondiale les Cahiers du Témoignage Chrétien, elle s’intéressera également à la Grèce et à sa philosphie, notamment platonicienne, et plubliera également deux volumes : la Source grecque et Intuitions pré-chrétiennes.  C’est au cours de l’été 1941 qu’elle rencontrera le philosphe Gustave Thibon qui, quelques années plus tard, deviendra son exécuteur testamentaire. En 1942, partant aux Etats Unis afin d’y porter ses parents à l’abri, elle lui confiera ses Cahiers, en lui laissant la plus « complète propriété ». Résistante, elle deviendra rédactrice dans les services de la France Libre.

Atteinte de tuberculose, elle meurt au Sanatorium d’Ashfort, le 24 Août 1943, à 34 ans. Gustave Thibon, qui l’accueillit à Saint Marcel pendant deux ans, écrira à son sujet :

 » Ses textes sont nus et simples comme l’expérience intérieure qu’ils traduisent. Aucun rembourrage ne s’y interpose entre la vie et le verbe : l’âme, la pensée et l’expression constituent un bloc sans fissures. Même si je n’avais pas connu personnellement Simone Weil, son style seul me garantirait l’authenticité de son témoignage. Ce qui frappait avant tout dans ses pensées, c’est la polyvalence de leurs implications possibles, leur simplicité simplifie tout ce qu’elle touche. Elle nous transporte sur ces sommets de l’être d’où l’œil embrasse, dans un seul regard, une infinité d’horizons superposés.

Toute l’œuvre de Simone Weil est mue et imprégnée par un immense désir de purification intérieure, qui rejaillit dans sa métaphysique et sa théologie. Tendue de toute son âme vers un bien pur et absolu, dont rien ici bas ne peut lui prouver l’existence, mais qu’elle sait plus réel que tout ce qui existe en elle et autour d’elle, elle veut assoir la foi en cet être parfait sur une base qu’aucun coup du sort ou du malheur, aucun remou de la matière ou de l’esprit ne puisse ébranler. »

Pour pousser l’étude, on pourra lire ici une bel article de Gérard Leclerc, intitulé « Thibon, Simone Weil et le catholicisme français » ; un article sur Simone Weil et les partis politiques ; un ensemble choisi de citation de la philosophe.

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