Ivan Rioufol : « Nous assistons à une révolution des oeillères »

Dans son dernier numéro de Juin 2014, Politique Magazine nous livre une très intéressante interview d’Ivan Rioufol, célèbre polémiste qui ne s’embarrasse guère du Politiquement Correct… Et c’est tant mieux !

Les  idées de « droite » sont plus en vogue qu’elles ne l’étaient. Cette évolution est-elle une explication à la multiplication des mouvements citoyens conservateurs ou libéraux ?

La meilleure libération de la parole, ce sont les faits ! Trente ans d’alternance PS/UMP ont donné les résultats que l’on connaît, avec une France qui s’est affaiblie sur tous les plans, tant économiquement que moralement. Aussi les Français ont-ils appris à juger l’arbre aux fruits qu’il produit. Aujourd’hui pragmatiques, ils sont décidés à prendre leur destin en main. Mieux qu’un virage à droite, je dirais plutôt que nous assistons à une « révolution des œillères » : les citoyens entendent dorénavant désigner aux hommes politiques les véritables problèmes, sans se soucier de politiquement correct.

Cette résurgence d’idées qui n’avaient pas le droit de cité dans l’espace public se fait sur des questions précises, comme la fiscalité ou les lois sociétales. Mais rarement sur les questions identitaires. Comment l’expliquez-vous ?

Même s’ils ne soulèvent pas directement les questions liées à l’identité ou à l’immigration, ces mouvements défendent une certaine conception de la civilisation. La Manif pour tous – sur la question du mariage homosexuel et de la filiation – ou les Bonnets rouges – par leurs revendications régionalistes – en sont une excellente illustration. De façon détournée, les questions identitaires sont ainsi mises sur la table.

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Cette conception de civilisation qu’aborde – avec intelligence – Ivan Rioufol relève d’abord du respect du Droit Naturel, et surtout sa primauté par rapport au Droit Positif. Dans cet optique, les Bonnets Rouges participent également à la dynamique naturelle, non pas en restant dans le domaine du Droit, mais plutôt dans la conception géographique et historique de la France, cette « constitution naturelle » qui veut que les Provinces soient en adéquation aux réalités locales, aux coutumes et aux particularités des « petites républiques » qu’affectionnaient tant Maurras. A nous, royalistes, de mettre en avant cette conception de civilisation, dans laquelle s’inscrit inéluctablement le Principe Royal comme socle protecteur de la Nation.

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