L’amour de la Patrie

Article à lire en totalité ici. S’il est très intéressant de le lire sur le plan historique, on peut regretter quelques errements sur la réalité républicaine, comme un voile sur la destruction de notre Nation par une république anti-france.

On pourra notamment relire à raison ce texte sur l’amour de la Patrie., ou le discours du Général Charette.

Ou mieux encore  : on pourra relire les textes de Charles Maurras pour comprendre ce qu’est réellement la Nation française, et les raisons du Nationalisme intégral.

L’amour de la patrie serait-il désuet ou tabou dans une actualité marquée par les présupposés identitaires et les réseaux sociaux ? L’amour patriotique est-il une fiction républicaine, se réduit-il à un Etat de droit ? A-t-il toujours existé ?

La patrie, du latin patrus, c’est la terre des aïeux, la « maison paternelle » (Tocqueville), espace naturel et groupe culturel dans lesquels vécurent nos ascendants. Symbole d’une identité ancienne, transmise par la langue, le folklore, la gastronomie, etc., c’est un lien de cœur fondé sur une histoire collective, partage d’un présent et projet d’un futur. « On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet » dit Ernest Renan. Le vocable ‘patriotisme’ apparaît seulement en 1750. A la fin du siècle, Rouget de l’Isle parlera de « l’amour sacré de la patrie ».

L’idée de nation (natus) est voisine. C’est un ensemble humain conscient de lui-même, de son passé, de sa culture, au-delà des communautés d’intérêts.

En 1696, le dictionnaire de l’Académie accueille le mot ‘Etat’: personne morale administrant un pays. Il est depuis identifié à la République. C’est exact. Mais la patrie n’est pas réductible à un modèle, les ‘régimes’ politiques variant au fil du temps (monarchie, empire…).

« Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire, voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. » : tel est le patriotisme selon Renan. La patrie est mémoire d’une nation incarnée dans un Etat. Est-ce un conglomérat de citoyens ? Non, car elle exige un acte mémoriel. C’est une unité organique sur un territoire en évolution.

Jusqu’en 1350, les princes contrôlent le seul domaine royal, soit, en gros, l’Île-de-France. La formation du territoire prend l’allure actuelle au XIXe siècle. L’histoire des annexions traduit la lenteur avec laquelle naît la patrie : Provence (1482), Bretagne (1532), Dauphiné (1560), Roussillon (1659), Corse (1768), Savoie (1866)… Malgré une amorce de centralisation à partir de Philippe-Auguste (+ 1223), l’administration reste embryonnaire jusqu’au XVe siècle. Une frontière linguistique divise France d’oc et France d’oïl.

Après 1350, la communauté française évolue lentement. Sans unité monétaire, fiscale et linguistique, la patrie est un principe à géométrie variable. A ‘l’automne du Moyen-Âge’, les drames européens n’arrangent rien (Peste noire, Guerre de Cent Ans…). L’ordonnance de Villers-Cotterêts faisant du français la langue administrative date de 1539 ! De plus, les catholiques sont divisés : papauté d’Avignon, Grand Schisme d’Occident, Guerres de religion, autant de déchirements nationaux… Après 1400, le projet du IXesiècle d’une chrétienté unie sous la bannière de l’Eglise agonise. Il conduit à un repliement(1400-1490), divisant de façon temporaire l’Europe en Etats-nations.

Mais l’histoire est mouvement. Un nouvel expansionnisme succède à ce malaise continental. Plusieurs Etats deviennent puissances coloniales, malgré des conquêtes fondées non sur un sentiment patriotique mais sur un désir de puissance et d’appât du gain. La Renaissance voue par ailleurs une passion à ‘l’homme’, au sens générique, non à la patrie.       

En revanche, le XVIIe siècle, au faîte de la civilisation dans les livres scolaires (Molière et Versailles), étoffe l’administration. L’amour de la patrie, conjugué à celui du roi, naît en douceur. Le gallicanisme le porte sur les fonds baptismaux. Louis XIV puis la Régence contribuent à ce mouvement patriotique.

Hobbes invente le contrat entre les citoyens (Leviathan,1651).Voltaire perçoit les effets d’une collectivité nationale dans les règnes de Louis XIV et de Louis XV. L’Etat jacobin incarne la patrie que le peuple entend légitimer. Pour la première fois, la France hérite d’une « communauté de morts » (Renan) : autant de ‘grands hommes’, selon l’inscription au fronton du Panthéon : « Aux grand hommes la patrie reconnaissante ».

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