Ces cultures bretonnes qui reviennent…

Philippe Chuberre, agriculteur en Bretagne
Philippe Chuberre, agriculteur en Bretagne

Intéressant article sur le patrimoine breton, les cultures régionales qui furent abandonnées jadis et qui, aujourd’hui, retrouvent uen seconde jeunesse :

Elles ont fait les grandes heures de la Bretagne mais ont été abandonnées pour des raisons économiques. Les cultures de lin, de pois, de féverole ou de lupin font pourtant leur retour dans les champs de la région.
A Saint-Grégoire, par exemple, Philippe Chuberre consacre une partie de ses terres à ces cultures oubliées. «J’ai commencé en 2000. Au départ, c’était juste un test», confie l’éleveur de vaches laitières. Au Moyen Age, les fleurs violettes du lin envahissaient pourtant le paysage breton. «Avec le chanvre, il était utilisé pour fabriquer les voiles des bateaux», explique l’éleveur. Depuis, le marché s’est effondré et les cultures ont disparu, faute de débouchés. Depuis 2002, Philippe Chuberre a trouvé la solution, en passant un contrat avec Valorex. Cette entreprise basée près de Fougères lui rachète son lin afin d’en faire de la nourriture pour animaux. «Les graines ne sont pas digestives directement par les bêtes. Notre métier est de les rendre comestibles», explique Stéphane Deleau, directeur de la société.

Davantage d’oméga 3

La reprise de ces cultures ancestrales offre notamment une alternative crédible au soja. «La France importe 99% du soja nécessaire à son élevage. Au Brésil, sa culture a des conséquences dramatiques sur la forêt amazonienne», argumente Stéphane Deleau. Son entreprise rémunère aujourd’hui 450 agriculteurs répartis sur le territoire national. «On passe des contrats sur plusieurs années. Cela permet d’avoir une garantie sur les prix», confie l’éleveur de Saint-Grégoire. «En renouvelant les parcelles, on évite aussi d’avoir trop de mauvaises herbes. On utilise beaucoup moins de pesticides.» Ces plantes présentent aussi l’avantage d’être naturellement riches en oméga 3, acides gras essentiels dans l’alimentation des bêtes. «Cela donne un lait de meilleure qualité pour les consommateurs», ajoute Philippe Chuberre, qui a pu intégrer la filière qualité Bleu Blanc Cœur de la laiterie rennaise Agrilait.

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