1793-1993-2013 : d’une commémoration à l’autre

Génocide et Mémoricide VendéenTribune libre de M. Henry Renoul :

En vingt ans, les hommes et les contextes ont changé. L’Histoire et la mémoire vendéenne restent vives cependant. Depuis le début de 2013, on recense de nombreuses initiatives commémoratives sur tout le territoire de la Vendée Militaire. Les collectivités, les offices de tourisme et les associations de la mémoire proposent des manifestations, des inaugurations, des marches du Souvenir. Les historiens publient leurs derniers travaux. La presse locale (Ouest-France, Presse-Océan, Le Courrier de l’Ouest) et les publications associatives et spécialisées rivalisent de pages spéciales et de dossiers sur les dernières découvertes et la persistance de la mémoire blessée.

Fort du nom qu’il porte, le département de la Vendée reprend le flambeau des commémorations du bicentenaire dont le sommet avait été l’inauguration du Mémorial des Lucs-sur-Boulogne par Alexandre Soljenitsyne, le 25 septembre 1993, au lendemain d’une soirée mémorable au Puy du Fou.

De la grâce au pardon

L’inflexion est cependant plus que sensible. Lech Walesa, ancien président de la Pologne, inaugure à l’Historial des Lucs – voisin du Mémorial – un Jardin du Pardon en mémoire de prisonniers républicains libérés par les Vendéens après une victoire à Fontenay-le-Comte. Certes, l’invitation rappelle la figure de Bonchamps mourant et graciant des milliers de prisonniers républicains à Saint-Florent-le-Vieil, après la défaite de Cholet et avant la Virée de Galerne. Le geste magnanime de Bonchamps, magnifié au Puy du Fou, reste cependant différent du pardon évoqué dans ce jardin des Lucs : le pardon en effet ne s’accorde que s’il est demandé par le coupable qui, de ce fait, reconnait sa faute, son offense. « Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé » selon le Notre Père. La grâce de Bonchamps n’efface pas le crime des républicains, pas plus que le crime du condamné n’est effacé par la grâce du président de la République. Le pardon accordé par l’actuel département de la Vendée a-t-il été sollicité ?

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Une réflexion sur “1793-1993-2013 : d’une commémoration à l’autre

  • 16 avril 2013 à 20 h 42 min
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    En 1993, Philippe de Villiers Président du Conseil Général de la Vendée avait convié le grand opposant à la dictature soviétique Alexandre Soljenitsyne auteur de « l’archipel du Goulag »: Tout un symbole, tout était dit ….
    En 2013, Bruno Retailleau, actuel Président du Conseil Général de la Vendée convie Lech Walesa qui a été accusé de corruption et de détournements de fonds dans son pays et dont on sait qu’il monnaie chèrement ses « interventions » à l’étranger (60 000€ minimum afin de le faire venir prix du voyage et hébergement non-compris, le contribuable vendéen va être content….. )…..Autre différence majeure et notoire:la plantation de 2000 arbres par 300 enfants en souvenir des prisonniers libérés à Fontenay-le-Comte:Tout un symbole car n’étaient-ce pas les révolutionnaires qui plantaient des arbres de la liberté???
    Ce programme de commémoration du 220 ème anniversaire du soulèvement vendéen est à l’image de ce qui se passe dans la société actuelle:il est basé sur une inversion totale des valeurs……..

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