La démocratie est elle la fille de la Révolution Française ? par Yvan Blot

La Révolution française n’a pas créé la démocratie. L’a précédée la « révolution américaine » qui est moins une révolution qu’une guerre d’indépendance, et a instauré une démocratie sans recourir au bouleversement idéologique. Et que dire de la Suisse !  Qu’est-ce alors que la Révolution française ? D’abord une Révolution idéologique de caractère anti-chrétien. Sa dimension religieuse lui a donné son pouvoir de fascination et son influence. Nous le montrerons en trois points : 1. Une révolution largement anti-chrétienne ;  2. Le génocide vendéen ;  3. Le culte de l’État issu de la Révolution – et conclurons par une observation sur le rapport ontologique révolution /démocratie.
  
UNE RÉVOLUTION LARGEMENT ANTI-CHRÉTIENNE

    Selon François Furet, « la Révolution française est devenue la mère d’un événement réel » qui «  a un nom : octobre 1917 et, plus généralement, Révolution russe ».   Dès 1920, Mathiez souligne la parenté entre les gouvernements montagnard (juin93-juillet94) et bolchevique – deux dictatures nées de la guerre civile et de la guerre étrangère, deux dictatures de classe opérant par la terreur, la réquisition, les taxes et se proposant, en dernier ressort, la transformation de l’humanité.
  Dès le début, la Révolution française se veut « rupture totale avec le passé réel été dans les ténèbres de la barbarie ». Sieyès notamment parle d’« Ancien régime » dès l’été 1789. La monarchie « absolue » dispose que le souverain ne rend compte qu’à Dieu. Du coup, note Furet, « il a l’obligation de se conduire en souverain chrétien.   De plus, il  y a comme en Angleterre un corps de principes coutumiers : la foi catholique du souverain, le respect de la liberté et de la propriété des sujets, l’inaliénabilité du domaine royal. Au-dessus des lois mais soumis à des lois, le roi de France n’est pas un tyran. La monarchie française, état de droit, ne doit pas être confondue avec le despotisme, pouvoir sans frein d’un maître ».  La base de l’Ancien Régime est la religion, c’est elle qu’il faut abattre. Il y a dans la philosophie française des Lumières un élan anticlérical et anti-catholique sans équivalent dans la pensée européenne. Hume, athée, vit en paix avec les religions ; Voltaire, déiste, fait la guerre à l’Église catholique. Mais le vrai moteur de la Révolution est ailleurs, dans la revendication égalitaire.
  Le penseur majeur en est Sieyès, prêtre aigri. Son pamphlet, de 1788, l’Essai sur les Privilèges donne le la de ce qui, dès 1789, sera le ressort révolutionnaire, la haine de l’aristocratie. Sieyès attaque les privilèges au nom de la raison, de la science, fonde une société d’individus libres, la « nation ». Dans Qu’est ce que le Tiers-État ?  il livre « le grand secret de la Révolution, ce qui va constituer son ressort le plus profond, la haine de la noblesse ». Moins penseur qu’homme de ressentiment, « en vidant la querelle de sa vie avec les gens bien nés, il a touché la passion la plus forte de l’opinion qui se retrouve en lui ». Le fruit était mûr. Selon Furet, « entre mai et août 1789, tout l’Ancien Régime s’est effondré. ( … ) Les Français o n t fait du rejet de leu r passé national le principe de la Révolution. Une idée philosophique s’est incarnée dans l’histoire d’un peuple ».
  La violence éclate dès le 14 juillet. Nul n’ignore la capitulation de la Bastille devant les canons pris aux Invalides, le gouverneur Launay, puis le prévôt des Marchands Flesselles assassinés, les premières têtes coupées fixées à des piques… Cette violence, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, votée le 26 août par l’Assemblée constituante, ne l’enraye pas. Mounier’ s’en inquiète et demande une déclaration compensatrice des « devoirs du citoyen » ; il craint l’anarchie. Si la déclaration américaine de 1776 est présente à tous les esprits, beaucoup mesurent l’abîme qui sépare la situation du vieux Royaume de celle des ex-colonies britanniques peuplées de petits propriétaires aux traditions responsables. La Déclaration de 1789, comme la déclaration américaine, énonce des droits naturels. Or, si, dans le précédent américain, ces droits (pour la plupart issus de la tradition de la Common Law anglaise) sont perçus comme précédant la société et en harmonie avec son développement, dans la France de 1789  l’accent est mis sur le « volontarisme politique » : la loi produite par la « raison souveraine » est placée en suprême garantie des lois. La porte est ouverte au constructivisme et à l’étatisme
  S’ajoute, dès 1789, la rupture entre le nouveau régime et la religion traditionnelle. En dépit des Lumières et même si que la démocratie naissante substitue « les droits de l’homme » au monde selon l’ordre divin, la rupture n’est pas délibérée. Si la religion est atteinte par la liquidation de l’Ancien régime, la révolution initialement n’a pas l’intention de substituer une nouvelle religion à l’ancienne. Mais « en déracinant l’Église catholique de la société » – le mot est de Furet -, en la privant sans indemnité de ses biens, la révolution a brutalement séparé démocratie française et tradition catholique. La mesure en scandalise plus d’un. Les choses ensuite vont vite. En février 1790, quatre mois après la mise à la disposition de la Nation des biens du clergé (pour rembourser l’abyssale dette nationale), l’évêque de Nancy veut faire reconnaître le catholicisme comme religion nationale : motion écartée, quand l’Assemblée adopte la constitution civile du clergé contestée par la majorité des ecclésiastiques. En avril 1791, Louis XVI est empêché de quitter Paris pour aller recevoir à Saint-Cloud la communion d’un prêtre de son choix. Philosophie de la liberté ? Furet : « Les hommes de la Révolution ont pensé la nation à partir de l’expulsion de l’aristocratie, étrangère à la communauté. (Le conflit armé va superposer ennemi intérieur et ennemi extérieur  (La philosophie des Lumières cosmopolite n’avait conquis qu’un public restreint. ( … ) Sous sa forme la plus démocratique, elle pénètre les masses populaires par un canal imprévu, le sentiment national». Par la synthèse d’un messianisme d’idées et de la passion nationale, la Révolution intègre les masses à l’État. La guerre voulue et déclarée par l’Assemblée au « roi de Bohême et de Hongrie», le 20 avril 1792, va démocratiser la gloire ! Le 10 août, le roi Louis est arrêté. Le 21 septembre, la Convention, élue au suffrage universel (seuls les militants révolutionnaires osent voter), proclame la République. Le pouvoir y sera toujours aux mains de minorités.

À LA CONVENTION, UN DÉCRET RAPPORTÉ PAR BARÈRE ORDONNE LE GÉNOCIDE VENDÉEN…

L’affaire de Vendée souligne la passion religieuse de la Révolution. Le ressort insurrectionnel y est religieux : les nobles ne paraissent qu’en acteurs tardifs ; si le roi est invoqué, il est induit de l’appel à Dieu, à la tradition catholique. L’été 1793, la dictature du Comité de Salut Public est instaurée. Terreur et vertu sont à l’ordre du jour. Le gouvernement, par obsession idéologique, règne en faisant planer la peine de mort sur ses serviteurs comme sur tout citoyen. Le 1″ août 1793, à la Convention, un décret rapporté par Barère ordonne de détruire la Vendée. Il sera appliqué à partir de janvier 1794. La guerre civile devient terreur organisée depuis Paris dans l’intention de détruire, outre les rebelles, population, fermes, cultures et autres « berceaux de brigands ». La guillotine ne suffit plus; dès décembre 1793, Carrier a recouru aux noyades collectives. Les troupes républicaines, divisées en « colonnes infernales », ont mission de brûler sur leur chemin toute habitation et d’exterminer les populations. L’opération dure jusqu’en mai 1794.  Barère déclare à la Convention : « Le Comité, d’après votre autorisation, a préparé des mesures qui tendent à exterminer cette race rebelle. L’humanité ne se plaindra pas, c’est faire son bien que d’extirper le mal » ; et Tureau, commandant en chef de l’Armée de l’Ouest: « Je vous donne l’ordre de livrer aux flammes tout ce qui est susceptible d’être brûlé et de passer au fil de l’épée tout ce que vous rencontrerez d’habitants ». Un camp d’extermination est créé à Noirmoutier, un atelier de tannage de peau humaine à Pont-de-Cé. Pierre Chaunu a observé « Si nous n’avons jamais eu d’ordre écrit de Hitler concernant le génocide juif, nous possédons ceux de Barère et de Carnot relatifs à la Vendée ». U article L 211 -1 de notre Code pénal le stipule : « Constitue un génocide le fait en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction partielle ou totale d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux ( … ), de commettre l’un des actes suivants : atteinte à l’intégrité physique ou psychique, etc. ». Il y a eu un génocide vendéen.

La terreur n’est pas liée à la situation militaire qui s’est redressée, ni aux pressions populaires. Selon Furet, « la Révolution française ne pense les résistances réelles ou imaginaires qui lui sont opposées que sous l’angle d’un gigantesque et permanent complot qu’elle doit briser sans cesse ». C’est pourquoi « la Terreur est ce régime où les hommes au pouvoir désignent les exclus pour épurer le corps de la nation. Les paysans vendéens ont eu leur tour, Danton attend le sien ». Ce constat ne signifie pas qu’il n’y a pas de différence entre 1789 et 1793, mais la culture politique qui conduit à la terreur existe dans la Révolution française dès l’été 1789. En même temps, la déchristianisation se déchaîne, anarchique. Voyez le journal d’Hébert, Le Père Duchesne, et des représentants en mission, comme Fouché à Nevers, mènent une campagne d’extirpation du culte catholique, saisi comme pratique liée à la malédiction de l’Ancien Régime. La Commune de Paris s’en mêle avec ses mascarades antireligieuses, la fermeture des églises. Un anticléricalisme populaire urbain trouve dans la Révolution un culte de substitution et la majorité de la Convention qui adopte le calendrier républicain est antireligieuse.
 
Au printemps 1794, la Terreur s’institutionnalise : le décret du 27 germinal (16 avril) centralise la justice à Paris ; la loi du 22 prairial (10 juin) supprime l’instruction, fonde l’accusation sur la seule dénonciation, enlève à l’accusé l’assistance d’un avocat et autorise les juges à ne pas entendre de témoins. Robespierre soutient le texte. « Cette sévérité n’est redoutable que pour les conspirateurs, les ennemis de la Liberté! » La Liberté reste fondement idéologique, mais la répression s’emballe : 1 500 exécutions du 10 juin à la chute de Robespierre, le 9-Thermidor, fin juillet. Robespierre arrêté, guillotiné, on compte parmi les vainqueurs du jour, Carrier, Collot d’Herbois, Barère. Les règlements de compte se succèdent au sommet de l’État impuissant, le personnel ne change pas. La Liberté ? « Les députés savent désormais qu’un pouvoir plus oppressif que l’ancienne monarchie absolue peut régner en son nom. » (Furet) Sieyès dit qu’il faut se méfier des idées de « Rétotale » (sic) qui remplacent la République ! Bonaparte remettra de l’ordre, en 1799, déclarera devant le Conseil d’État: « Nous avons fini le roman de la révolution; il faut en commencer l’histoire, ne voir que ce qu’il y a de réel et de possible dans l’application des principes et non ce qu’il y a de spéculatif et d’hypothétique ». Propriété, famille, ordre, religion.
 

LE CULTE DE L’ÉTAT ISSU DE LA RÉVOLUTION

«Derrière la célébration du salut public, il y a non seulement l’investissement patriotique et l’amour de la France menacée et sauvée, mais plus simplement le culte de l’État sous toutes ses formes, qu’il s’agisse de son rôle militaire, économique, politique, pédagogique et même religieux » (Furet). « La loi est l’expression de la volonté générale », dit l’article 6 de la Déclaration des droits de 1789. Si la loi crée les droits, la porte est ouverte à l’étatisme. De là, l’ambiguïté de ce texte plutôt théorique qui, selon les articles mis en avant, est favorable soit au libéralisme soit à l’étatisme. Ainsi, dit Furet, « personne ne peut comprendre le rayonnement qu’a eu l’idée communiste en France à partir de 1920, sans prendre en compte ce qu’il doit au précédent Jacobin ». Le républicain Edgar Quinet, au XIXe siècle, redoutait que l’Europe ne produisît « d’immenses démocraties serviles qui graviteront vers l’arbitraire d’où elles sortent et où elles rentrent ». On retrouve au XIXe siècle cette volonté de reconstruire rationnellement le social ; elle est commune, dans la ligne de Robespierre, à Lénine et à Hitler. La rupture historique, c’est 1789, non 1917. Raison au pouvoir, science au pouvoir, même idée qui mène au nihilisme. Furet encore: « La révolution communiste qui n’a pas d’autre jin qu’elle-même et d’autre juge que ce qu’elle dit d’elle-même ne laisse aucun principe debout. Elle n’est définie que pars on cours ; or celui ci lorsqu’il a bénéficié d’une longue durée comme c’est le cas soviétique, a déchiré tout le tissu social ».

À partir de ses analyses sur la Révolution française, l’historien examine le fascisme et le communisme, ennemis de la démocratie libérale. « Ce sont des épisodes courts  encadrés par ce qu’ils ont voulu détruire. Produits de la démocratie, ils ont été mis en terre par elle. ( … ) S’il n’y a pas avant le XXe siècle de gouvernement ou de régime idéologique, on peut dire que Robespierre en a esquissé le dessein au printemps 1794 avec la fête de l’Être suprême et la grande Terreur » Robespierre, Hitler, Lénine et leurs régimes ont d’abord suscité un immense espoir et attiré les intellectuels. Ils ont mis l’homme à la place de Dieu – c’est flatteur ; se sont appuyés sur un sentiment national exacerbé qu’ils coupèrent de la morale traditionnelle, prétendant en incarner une nouvelle. Leur révolution est une promesse de bonheur collectif, fondé sur le culte de la volonté et de la raison, ou de la science. Cette révolution entend créer un « homme nouveau », lui apporter le salut, elle remplace ou prétend remplacer la religion. La démocratie n’est pas la fille de la révolution, mais la révolution est le produit, sinon de la démocratie, de certaines idées démocratiques de type « constructiviste » qui finissent par tout détruire – à commencer par la démocratie. La France de 1789 veut imiter les États-Unis et l’Angleterre qu’elle comprend mal; ses principes philosophiques anti-religieux, conscients ou non, vont la conduire sur une tout autre voie.

ANALYSE MÉTAPHYSIOUE DE LA RÉVOLUTION

L’analyse historique appelle un examen métaphysique, afin de cerner l’essence de la Révolution, qui lui a donné un sens et explique sa dynamique interne. La Révolution française a pour socle, la raison. Son rationalisme critique s’attaque aux valeurs qui lui semblent non fondées en raison, ouvrant la porte à un nihilisme moral où la violence inhérente à toute révolution va s’engouffrer. Appliqué aux hommes, ce rationalisme réducteur engendre égalitarisme de masse, volonté de nivellement et dérive nécessairement vers le totalitarisme. Appliqué à la religion, il installe des idoles politiques en lieu et place de la Divinité. Ce schéma révolutionnaire se radicalise au XXe siècle et prend les formes du national-socialisme et du communisme. Uidéologie révolutionnaire débouche nécessairement sur l’inhumain, car sa force interne vient de la mobilisation de sentiments dévoyés exacerbés. Son socle, la considération, dans la froideur absolue, de principes abstraits. Robespierre l’incarne parfaitement. Le moteur éthique est la haine – de l’aristocratie et du clergé notamment. La Révolution flatte l’orgueil de l’homme qui se prend pour Dieu et veut tout recréer à sa manière. L’égalitarisme (cause motrice) se traduit par l’envie qui stimule la haine. Ce schéma de l’inhumanité révolutionnaire explique tant les massacres de Vendée que ceux de la Seconde guerre mondiale, ce prix qu’il convenait de payer pour forger un homme nouveau.  Péché prométhéen !

 Un texte de Heidegger intitulé Koinon et consacré à l’essence du communisme, montre que si la révolution dite démocratique entend formellement répondre à d’authentiques aspirations démocratiques, telles la liberté et l’égalité, démocratie et révolution sont ontologiquement (ou métaphysiquement) incompatibles, car la pratique révolutionnaire condamne sans appel les fins démocratiques que la révolution prétend poursuive. En voici un extrait. « Philosophiquement, cette situation (la guerre) correspond à l’avènement de la puissance pour la puissance comme actrice déterminante du Jeu mondial. La puissance est aujourd’hui l’Être de l’étant. En tant qu’Être de l’étant, la puissance s’est annexé la moralité comme moyen. La sauvegarde des valeurs ou l’intérêt du peuple sont des prétextes au service de la puissance. Si nous n’ croyons pas, c’est que la propagande fonctionne mal. La puissance a besoin de l’apparence du droit, mais en même temps elle ne tolère aucun obstacle et les objectifs peuvent donc changer au gré de ses caprices.   La puissance ne tolère l’étant que s’il est utilisable, donc planifiable et constructible. L’homme aussi doit être utilisable et son humanité peut alors s’avérer gênante. La mobilisation implique que tous soient interchangeables. Lorsque la puissance devient l’Être de l’étant, l’homme devient une matière première, une « ressource ». » 
C’est par essence que la Révolution n’a rien à voir avec la démocratie. Elle la détruit; la puissance qu’elle déchaîne ne saurait être contrôlée par le peuple. En même temps, elle ne peut naître que sur un terrain préparé par la démocratie dans la mesure où celle-ci, comme l’a vu Tocqueville, fait la part belle au mythe égalitaire. Il faut que d’autres forces s’opposent à ce mythe, pour que la démocratie ne bascule pas dans la révolution. C’est ce qui s’est produit aux USA et en Suisse, où les forces traditionnelles, notamment religieuses, font barrage à une idéologie rationaliste à tendance totalitaire.  La démocratie n’est pas la fille de la Révolution française, mais la Révolution de 1917 en Russie, le fascisme, le nazisme en sont bien issus.

Les français ne veulent plus de leurs élus

 Le sondage choc, titre Le Parisien. En effet, il y a de quoi s’émouvoir. Car l’enquête d’opinion réalisé par CSA et publié le 10 octobre dernier par le quotidien nous apprend que 78 % des Français pensent que les élus ignorent leurs problèmes, que 76 % n’ont pas confiance dans leurs élus et que 71 % ont une mauvaise image d’eux. Les médias ont fait un peu de mousse le jour même sur ce ce thèmeet sont passés à autre chose le lendemain. Quant aux hommes politiques, ils ont affiché pendant quelques heures une mine contrite et repris presque aussitot l’air heureux qu’ils arborent en permanence.

      Nul moins que nos lecteurs n’aura été surpris par les résultats de ce sondage. Depuis des années, nous annonçons l’inévitable raz de marée politique qui se profile à l’horizon. Les causes en sont évidentes. Les politiciens français ont ruiné notre pays à force de prélèvements sur les créateurs de richesses et d’emplois, et ce afin de satisfaire l’immense cohorte des paresseux qui a besoin de subventions publiques pour vivre confortablement. Et nos d関ou閟 閘us ne se sont pas oubliés au passage, devenant riches à mesure que les laborieux s’appauvrissaient. Telle est la formule du modèle social français.

      On peut ajouter qu’une organisation de ce type ne peut s’accommoder de ruptures politiques. C’est la raison pour laquelle la droite et la gauche font depuis trente ans la même politique, au point que l’opinion publique ne voit plus aucune différence entre eux.

       Saluons l’arrivée au club des éditorialistes lucides de Nicolas Sarkozy. Selon Le Canard enchainé?, le président de l’UMP a fait le 5 octobre dernier, devant le groupe parlementaire sénatorial de ce parti, la déclaration suivante : Je continue de considérer que s’ill n’y a pas de rupture nous serons tous balayés. Les Français ne veulent pas de cette alternance gauche-droite qu’ils connaissent depuis trente ans. Ils ont dit en 2002 à la présidentielle, puis en 2004 aux régionales et en 2005 au référendum, qu’ils voulaient que les choses changent en profondeur. Malheureusement pour la crédibilité de M. Sarkozy, à mesure qu’il avance ses propositions de rupture, on s’aperçoit qu’elles ne sont que mesurettes et poudre aux yeux, exactement comme les décisions que prend son rival M. de Villepin. M. Sarkozy est un homme de rupture à la manière de ce personnage de Shakespeare qui promettait de rugir comme un rossignol ! La conclusion logique de toutes ces palinodies est qu’avec les politiciens du système il n’y aura pas la moindre rupture et qu’ils seront tous balayés, comme le prévoit justement M. Sarkozy.

Un cocktail explosif

       Le sondage du Parisien nous apprend alement que 76 % des Français souhaitent qu’il y ait plus de grands débats politiques sur l’avenir de la société française, la place de la France dans le monde, la place de l’économie. Comme nul ne pense que les discussions à l’Assemblée nationale ou au Sénat soient dignes du moindre intérêt, c’est du côté des médias qu’il faut se tourner. Et là, c’est la désolation, la morne plaine, le Waterloo de la démocratie, le degré zéro de la dialectique. Ne parlons pas de la télévision et de la radio, qui ne donnent la parole qu’aux suppos du système et qui organisent des débats aussi drolatiques, pour qui a un peu d’humour et de souvenirs, que celui qui opposait Poiret et Serrault dans un de leurs meilleurs sketches et qui voyait les deux protagonistes d’une empoignade politique prendre, une fois le micro coupé, des nouvelles de leur famille respective et s’embrasser affectueusement. Mais ce qui n’était à l’époque qu’une charge de chansonniers est devenu aujourd’hui le fondement d’un système politique.

       Même la presse écrite est totalement verrouillée. Au point que quand un journaliste a l’idée saugrenue de donner la parole un opposant au système, ses collègues et sa direction lui demandent s’il n’est pas devenu fou ! Le blocage est si complet que les dernières fenêtres de la liberté d’expression se ferment les unes après les autres. C’est ainsi que Le Figaro, dont les pages « Opinions » s’ouvraient de temps à autre aux idées de liberté, vient de décider de réserver leurs colonnes, dans sa nouvelle formule, aux éditorialistes maison, qui pourraient parfaitement s’exprimer dans le corps du journal, ou des articles émanant uniquement de personnalités institutionnelles.

       Si l’on ajoute tout cela le mode de financement politique, qui distribue l’argent public aux partis en place et ne permet donc pas l’émergence de formations nouvelles, on obtient un cocktail qui n’attend plus qu’une étincelle pour exploser. Est-ce parce que les politiciens, les dirigeants des médias et les éditorialistes sont stupides qu’onn en est arrivé au point où la démocratie a disparu en France ? Evidemment pas. Ils sont tout simplement inconscients de ce qui se passe dans le pays parce qu’ils vivent autrement que le peuple. Ils ne se fréquentent qu’entre eux, ne croient que dans les mots et les formules qu’ils utilisent entre eux, ils passent leurs week-ends et leurs vacances entre eux, ne trompent leur femme ou leur mari qu’entre eux, leurs enfants vont dans les mêmes écoles et ne s’épousent qu’entre eux, bref ils constituent une nomenklatura qui n’a rien à envier à celle de feue l’union soviétique ou des déocraties populaires. Et surtout leur sentiment d’impunit est tel qu’ils sont intimement persuadés qu’il ne se produira jamais rien de facheux pour eux dans le pays dont ils ont si bien su s’emparer.

       Evidemment, ils se trompent. Les cimetières de l’histoire sont emplis de classes dirigeantes déchues à la suite de défaites militaires ou de crises économiques et sociales. Celle qui gouverne aujourd’hui la France y a sa place réservée. C’est pratiquement la dernière garantie qu’il lui reste.

                                                                               Claude Reichman

Les activités du mois

Le 29 septembre, l’URBVM s’est réunie au café de l’Hôtel de Ville à Nantes. Les membres de l’association ont au cours de l’assemblée générale fait le tours d’horizon. Simon Pierre Bureau et son équipe ont donc passé le relais.

Puis, il y eut un échange avec les sympathisants et des responsables de mouvements royalistes venus. L’URBVM souhaite collaborer avec tous les royalistes de la région quelle que soit leur « chapelle ». L’URBVM a le projet d’organiser dans un premier temps des cafés politiques. D’autres projets suiveront.

L’URBVM a participé à la conférence du Général d’Armée Hervé Michel GOBILLIARD Gouverneur des Invalides, Ancien commandant du Secteur de Sarajevo sur le thème « Les Opérations Extérieures de l’Armée française ». Cette conférence  a rassemble 120 personnes.

Le général a fait part de son expérience de commandant  une force de l’ONU dans un pays en guerre civile. Son témoignage fut poignant et a montré la solitude du chef lors de prise de décisions graves. Michel GOBILLIARD a aussi démontré la capacité de l’Armée Française a agir avec discernement dans des situations critiques. Il a vanté les qualité des soldats, officiers, sous-officiers et homme du rang,  qu’il a eu sous ses ordres en concluant que l’Armée de notre pays etait une des meilleurs armées du monde.

Le 15 octobre, le président de l’URBVM s’est rendu a Paris pour la réunions de cadre de la RN.

 

Institut Nantais Historique et Littéraire

Bernard Mallet a le plaisir de vous invitez à la conférence du Général d’Armée Hervé Michel GOBILLIARD Gouverneur des Invalides Ancien commandant du Secteur de Sarajevo sur le thème Les Opération Extérieure de l’Armée Française Le Mardi 11 Octobre 2005 à 20 heures 30 au C.C.O. (centre de Communication de l’Ouest) Tour Bretagne à Nantes.

Participation aux frais : 10 euros, Etudiants : 3 euros

La défense Nationale est une des premières missions régaliennes de l’Etat. Elle a pour objet de garantire notre sécurité, notre indépendance et notre influence dans le monde, en s’appuyant dorénavant sur la dissuasion et les forces conventionnelles qui effectuent des opérations extérieures au soutien de la paix.

Dans une précédente conférence, le vice Amiral d’escadre Thierry d’Arbonneau nous a donné le témoignage des missions de la Marines Nationale et plus spécialement de son expérience au sein de nos forces sous-marines dont il a assuré le commandement.

A son tour le Général d’Armée Hervé Michel Gobillard va nous parler des forces conventionnelles et plus spécialement de leurs missions extérieures au service de la paix, ayant commandé l’une d’elles, au Kosovo, dans les conditions dont on ne soupçonne pas toujours les difficultés.

Ce sera aussi pour lui l’occasion de nous faire part de ses réflexions sur le problèmes de notre Défense Nationale et de la vie militaire.

Réunion à Nantes

L’URBVM tiendra son ASSEMBLEE GENERALE ORDINAIRE où tous les sympatisants sont les bienvenus:
LE JEUDI 29 septembre 2005
A 18 h précises
au café de l’Hôtel de Ville
rue de l’hotel de Ville
44 000 Nantes

Au programme :
· Ouverture de la séance
· Compte rendu des activités de l’année écoulée
· Bilan financier .
· Le futur bureau
· Programme à venir
· Débat …..

En espérant que vous viendrez nombreux à cette réunion afin de nous aider à donner un nouvel élan à notre association, recevez nos sincères salutations.
jrap@wanadoo.fr

Campagne électorale royaliste

J.-P. Chauvin, militant royaliste depuis 25 ans, est candidat royaliste à la législative partielle de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine, le 25 septembre, face à M. Patrick Devedjian.
La campagne monarchiste, qui a débuté dès le mois de juin, a permis de faire connaître les idées royalistes à plusieurs dizaines de milliers de personnes (la circonscription compte elle-même 79.000 électeurs) par le biais de tracts, d’affiches et d’une présence presque quotidienne des militants royalistes.
Des royalistes de toutes les tendances soutiennent cette initiative.

Education Nationale : un pavé dans la mare

Sur France 2, une interview à Télématin d’un prof agrégé de lettres qui vient de publier un livre intitulé : « la fabrique du crétin ». C’est un véritable pavé dans la mare pour l’Education Nationale et les enseignants, qui entre autre prend à partie les méthodes d’enseignement actuelles qui ont conduit d’après lui à ce que nos enfants deviennent des crétins. Il explique notamment comment, en histoire, les enfants ont perdu toute chronologie puisqu’ils ne savent plus par exemple où situer Napoléon et Louis XVI, on leur apprend seulement des « notions », il n’y a plus d’enseignement, mais de la pédagogie, du discours.
Vous pouvez entendre l’interview et vous faire une idée à l’adresse ci-dessous :

L’Université Maxime Réal del Sarte

Le grand succès de la soirée d’illuminations et de pyrotechnie sur les douves du château de Lignières est encore dans toutes les mémoires, qu’un nouvel évènement fait à nouveau vivre cette magnifique construction de l’architecte Le Vau, dernière propriété capétienne appartenant encore à un capétien, S.A.R. le Prince Sixte Henri de Bourbon Parme! L’Université d’Eté ‘Maxime Réal del Sarte’ y tient pour la quatrième année consécutive ses quartiers d’été, et forme des étudiants royalistes, aux méthodes de l’analyse politique de l’Ecole de l’Action Française, et les invite à débattre des sujets contemporains avec des intervenants – souvent berrichons – de grande valeur.

Une cinquantaine de jeunes encadrés par une dizaine de responsables permanents, et formés par une vingtaine de spécialistes venus pour celà, suivent depuis le 23 août et jusqu’au 1° septembre, quatre cours dans la journée, une conférence dans la soirée, entrecoupés de visites de sites, de pauses sportives, de travaux personnels et d’une journée ‘Portes Ouvertes’, fort réussie, en ce samedi 27 août. Une session de Communication politique suivra jusqu’au 4 septembre, consacrée aux divers moyens de communication politique, avec des sociologues et des spécialistes, et notamment les animateurs du Comité pour le Lundi de Pentecôte.

La restauration de ces appétits ainsi aiguisée est sponsorisée notamment par deux entreprises du pays, soucieuses elles aussi de leur faire connaître et apprécier notre Berry: La société berruyère bien connue, RIANS, spécialiste des produits laitiers et des produits frais; le vigneron célèbre de Châteaumeillant, M. RAFFINAT et ses fils!

Au cours des enseignements, ont été notamment abordés l’Histoire politique du XX° siècle, la Méthode de l’Empirisme Organisateur, la Nation, les questions sociales en rapport avec la politique, les implications politiques et historiques de la démographie – et ses conséquences sur l’analyse stratégique -, la vision sociale du Cardinal Ratzinger, maintenant pape, S.S. Benoît XVI, les Mythes et réalités de la Mondialisation,  la présentation des débats économiques et sociaux depuis le début du XX° siècle, les Royalistes dans la résistance, l’Idée de la Civilisation, le Libéralisme politique et philosophique, le Libéralisme économique, la Décentralisation, L’Europe après l’échec du Traité constitutionnel européen, la recomposition du Monde Slave et l’avenir géopolitique de la Russie, la notion et le rôle du Patrimoine, etc.

Ces heures studieuses étant entrecoupées de pauses plus détendues, consacrées, par exemple, à Sainte Jeanne de France et Lignières, à l’écrivain tourangeau et berrichon A.D.G., à l’humour grincant de l’écrivain Léon Bloy, au château de Béthune, à la Chapelle d’Angillon, ou à des visites (Lignières, la chapelle de Sainte Jeanne de France, Bourges, les illuminations de Bourges, etc.), ainsi qu’une présentation – dégustation de vins du Berry, organisée par une oenologue charmante et réputée!

Une journée ‘Portes ouvertes’ avec une commémoration des journées de la Libération, au Monument aux morts de toutes les guerres, à Saint Hilaire, a permis aux étudiants de retrouver leurs interlocuteurs maintenant habituels dans le pays, autour d’un déjeuner, d’allocutions, et enfin, d’un pot rassemblant tous les visiteurs et participants autour du Prince qui les recevait, avec son habituelle bonne grâce et sa gentillesse sans limite.